J'étais adossée à la fenêtre comme à mon habitude, tirant comme toujours des sempiternelles lattes sur ma cigarette. Cela ne m'avait jamais rien apporté, juste un sentiment de culpabilité en plus, le tabagisme passif vous connaissez? Moi j'suis criminelle j'vais tuer tout mes amis avec cette merde! A vous dire vrai cela ne m'atteint pas... Je n'ai jamais eu de coeur, jamais eu de pitié, jamais eu rien. Et si je vous disais que je n'étais rien et que je ne serai jamais rien me croirez vous? Vous êtes naifs mais je vous connais, quand il est question de verité vous vous braquez... tous...
Derriére moi, elle était affalée sur le canapé, rayonnante, presque heureuse. Elle tremblait, avait les pupilles dilaitées et affichait un sourire niais. Devinez ce qu'elle avait prit.... C'est une devinette mais j'vous donnerait pas la réponse. Je suis en chemise d'homme, j'ai froid, je n'ai rien d'autre. Je tremble encore de ses derniéres heures avec elle... Magnifiques. Je repense à nos doux baisers, à nos caresses, à notre amour. J'ai tout fait pour être comme tout le monde mais je l'aimais trop, mais je l'aime trop. Si vous saviez. Quand je la vois, elle me fait trembler le corps, me fais trembler le coeur. Mon ventre se noue, ma voix s'eteint. J'en perd mes mots. Et pensez ce que vous voulez de mes autres histoires d'un soir, de tout ces hommes qui vous attirent pour mieux vous jeter. Je suis perdue, elle m'a perdue et j'en suis tellement heureuse. D'être égarée à ses côtés n'est-ce pas magique?
J'ecrasa mon mégot dans un cendrier et alla la rejoindre sur le canapé, mais je ne savais que dire. J'étais presque genée de peur de rompre le silence magique, de peur de rompre cette magie. Et ce tableau face à moi, elle pendant ce temps était toujours dans son trip mais moi j'étais si lucide... si neutre face à ce tableau si sombre. Il m'inspire une telle nostalgie... C'est beau la nostalgie, c'est être joyeux de sa tristesse. C'est le bonheur de ses beaux souvenirs qui vous prennent au coeur et aux tripes. Mais moi face à ce tableau, seule face à cette vision de couleur et de joie j'étais prise au piége. Je ressens vous voyez comme un picotement aux yeux. Sa brule! Je vais pleurer j'vous jure! J'vais tout gacher... Je gâche toujours tout. Elle est toujours à mes côtés, stoïque... Je me surprend à passer violament une main dans mes longs cheveux avec rage, avec haine. Je me surprend aussi à me pinçer, je ne ressens que faiblement la douleur. Je me sens devenir statue face à sa. Mais comment faire! Je me vois me lever, je ne me contrôle plus. Et je perds la boule, et je cours pour ne pas me figer, pour que mon coeur ne s'arrete pas. Et je cours toujours, j'ai peur et je cours, j'ai du mal à respirer, mes poumons se ressèrent et ma vue se brouille. J'ai des sueurs froides mais je n'arrive plus à m'arreter. Je me cogne à tout ce qui est sur mon passage. Et elle ne bouge même pas...
J'ai l'impression que quand je cours mes doigts de pieds restent sur mon passage, qu'ils s'en vont. J'ai l'impression que l'on me tire par les cheveux. Et je fais des tours à courir comme une folle dans l'appartement. J'ai tellement peur que je suis maladroite dans ma course, je tombe, je cours lentement... Je panique. Et je hurle, mais on dirait que tu ne m'entend pas... Me vois-tu au moins? Me vois-tu mourir?
La fenêtre est ouverte....
REGARDE MOI.
La fenêtre m'appelle, je ne veux pas mourir... La fenêtre m'appelle, je t'aime. La fenêtre m'appelle, je souffre... Elle continue de m'appeller, sauve moi. Montre moi ton amour, ta force, ton courage, ta valeur, ta logique, ton sens, ta brillance. Mais... Tu ne le feras pas, tu est stone.
La lumiére cherie, la lumiére.
ADIEU.
Mes mains me projètent dans le vide, je tombe!! Je vole!
Merci mon amour, je suis morte, mais de quoi. Je ne sais pas...
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